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Découvrez l'histoire urbaine de Dijon et son évolution.

A l'origine, rien ne prédisposait cette bourgade, née il y a plus de deux millénaires, à prendre le pas sur d'autres villes de Bourgogne telles Autun, ou encore Beaune.
C'est à la faveur de son environnement géographique, économique et culturel très favorable que la cité des ducs rayonne depuis le moyen âge sur toute la Bourgogne.

  • la cité médiévale,
  • la ville des grands ducs d'Occident,
  • la ville classique,
  • Dijon et l'industrialisation,
  • la ville moderne,
  • la ville extensive,
  • la cité recomposée.
Dijon  la médiévale
 
La cité médiévale


La cité médiévale se forge pour l’essentiel durant le règne des Ducs capétiens de Bourgogne (1031-1362). Un gigantesque incendie, le 28 juin 1137, ravage la totalité de la ville.
Les ducs engagent alors la construction d’une nouvelle enceinte largement dimensionnée pour englober les faubourgs, y compris l’abbaye Saint-Bénigne.
Cette impressionnante muraille, dont les pieds sont baignés par le Suzon dérivé, contiendra l’essentiel de la vie urbaine jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.
La Cité, dont l’enceinte fortifiée est plusieurs fois remaniée, s’enrichit de réalisation significatives : la Sainte-Chapelle, l’Hôpital du Saint-Esprit, le Palais Ducal, les églises de Paroisses telles que Notre Dame etc.

De cette longue période marquée par l’expansion subsistent de nombreux édifices cultuels et les lignes directrices du tracé des voies du centre ville d’aujourd’hui.

la capitale des grands ducs d

La capitale des Grand Ducs d'Occident

La cité modelée sous le règne des Capétiens connaît une renommée flamboyante avec la dynastie des Ducs Valois de Bourgogne (1363-1477).
Les Ducs créent un des centres les plus actifs du style gothique européen et des prémices de la Renaissance.
Dijon partage alors avec d’autres cités le rôle de capitale et profite largement de cette prospérité. L’émulation artistique, l’essor économique sont à l’origine de somptueuses demeures à l’apparence encore médiévale.

En 1513 à la suite du siège de Dijon par Suisses, le Gouverneur la Trémoille commande le renforcement de l’enceinte (murs dégagés et remparés, arasement des tours du Moyen-âge, édification des bastions Saint-Pierre (1515), Guise (1547) et Saint Nicolas (1558).
Au cœur de la riche cité, Hôtels particuliers et maisons de riches bourgeois adoptent au XVI ème siècle le style de la Renaissance italienne, interprété notamment par Hugues Sambin, artiste local.

Dijon la ville classique

La ville classique


Point de convergence de 7 routes royales, Dijon affirme
son rayonnement au sein de la Bourgogne.

Sous l’impulsion du renouveau catholique, les institutions religieuses se multiplient (Jésuites, Minimes, Carmélites, Jacobines, Ursulines…) et construisent autant d’édifices d’où émergent clochetons, clocher ou dôme qui donnent à la ville un caractère singulier et sa renommée de ville aux 100 Clochers.
Début XVIII ème siècle, Dijon devient une cité animée et brillante que l’urbanisme remodèle :

  • la place royale en hémicycle créée par Jules Hardoin-Mansart (actuelle place de la libération), et le Palais des Etats,
  • la rue des Princes de Condé, aujourd’hui rue de la Liberté,
  • le Parc de la Colombière, dont Le Nôtre confie la réalisation à son élève Antoine de Maerle et l’avenue plantée pour s’y rendre (actuel Cours du Parc),
  • le château et le Parc de Montmuzard que la ville complète par la magnifique allée de la Retraite (actuel Boulevard voltaire).
La ville industrielle

La ville industrielle

Victor Dumay et Henry Darcy obtiennent en 1851 le passage de la voie ferrée Paris-Lyon-Marseille par Dijon qui, de ce fait, va connaître une exploitation industrielle sans précédent.

Après la révolution, Dijon rétrograde de son statut de capitale de Province à celui de chef-lieu de département.

  • 1828 : le Grand Théâtre est inauguré,
  • le canal de Bourgogne est achevé dans la foulée et le premier bateau arrive de Paris en 1833,
  • en 1840, le réseau d’alimentation en eau proposé par l’ingénieur Henry Darcy pour lutter contre l’insalubrité est terminé.

1851 : le prince Louis Napoléon Bonaparte inaugure la ligne de chemin de fer Paris-Dijon-Lyon-Marseille. Cette réalisation due à l’opiniâtreté du maire Victor Dumay et de l’ingénieur Darcy, déclenche le début du développement industriel et urbain de la ville. La cité se transforme profondément poussée par l’essor économique et démographique. Il faut sortir des murailles. En 1867, sur concours, un projet de plan d’urbanisme inspiré d’Haussman proposé par Degré et Jetot est arrêté dans d’intenses polémiques.

Après la Guerre de 1870, la construction de la place du 30 octobre rappelle le souvenir glorieux des batailles de Dijon. La ville est dotée de casernes, d’un arsenal et autres aménagements militaires. En cinquante ans de 1850 à 1900 Dijon passe de 30000 à 70000 habitants. Fin XIXème, les anciens remparts et le château sont détruits. La ville s’adapte à une nouvelle rationalité urbaine.

  • construction de nombreux équipements publics et privés (écoles, Halles centrales, Grands magasins, abattoirs, cimetières…),
  • aménagement de nouveaux faubourgs,
  • installation des premiers transports publics (tramways) qui vont permettre à la ville de s’étaler dans l’espace.
Dijon : la ville moderne

La ville moderne

Dès la fin de la première guerre mondiale, l’Etat impose aux villes l’élaboration d’un plan d’aménagement d’embellissement et d’extension. Dijon, la ville moderne.
Dès les années 1920 quelques grands projets sont mis en chantier sur la base des nouvelles orientations urbaines inspirées par les soucis d’hygiène, et d’économie.
Le quartier de la Maladière témoigne d’une sensibilité nouvelle en matière d’organisation urbaine et d’habitat populaire :

  • le parc municipal de Montmuzard souligne l’importance accordée au sport,
  • le lotissement jardin des Bourroches met l’accent sur le logement social,
  • l’adduction des eaux de la Saône permet de desservir enfin les quartiers hauts de la ville,
  • l’ouverture de nouvelles voies, notamment le quartier Clémenceau offre des possibilités d’implantations pour les nouvelles entreprises.

Les nouvelles techniques de construction et les influences extérieures conduisent à des styles très éclectiques allant du néo-classique à l’Art nouveau, voire moderne. Durant l’Entre-deux guerres, la Ville affiche sa notoriété en terme de gastronomie et de tourisme. Toutefois les préoccupations économiques ne permettent pas d’engager de grandes opérations d’aménagements.
La crise économique des années trente, les mouvements sociaux puis la seconde guerre mondiale et l’occupation allemande marquent la fin d’un siècle d’urbanisation et de modernisation de Dijon.

Dijon, la ville extensive

La ville extensive

Dès 1945, la municipalité entreprend des opérations de relogement et de construction sur la base de lotissements, petits immeubles et de maisons.
Sous l’impulsion de l’état, l’urbanisme fonctionnel s’impose avec le développement des grands ensembles : ici les quartiers d’habitations, là les zones industrielles et un peu plus loin les grands équipements.
A cette époque se développent :

  • les quartiers des Grésilles et de la Fontaine d’Ouche,
  • les zones industrielles Dijon-Longvic et Nord-Est,
  • le centre hospitalier régional, les grands équipements publics,
  • le campus universitaire de montmuzard (près de 100 ha) engagé à l’initiative du recteur Marcel Bouchard, etc.

C’est l’industrialisation du bâtiment et l’apothéose du superlatif : plus haut, plus grand, plus long dans l’euphorie des « trente glorieuses ».
Le développement des ZUP (zones à urbaniser en priorité) est en plein essor. Dans la vallée de l’Ouche, Dijon fait creuser un lac, souhaité par le chanoine Kir, dans le cadre de la vaste opération d’urbanisme Dijon-Talant.

C’est durant cette période que sont définitivement supprimer les trolleybus et tramways et qu’est construit le parc de stationnement Grangier.
En 25 ans, l’agglomération double sa surface urbanisée.

Dijon : ville recomposée
 
La ville recomposée


Début des années 1970, Dijon recentre son développement en revalorisant le centre ancien alors que l’habitat pavillonnaire se développe dans les communes périurbaines.
Il s’agit d’une véritable remise en cause du système établi durant la période des « trente glorieuses ». La ville s’appuie sur ses services et sur l’agence intercommunale d’urbanisme de l’agglomération dijonnaise pour engager l’élaboration de nouveaux documents d’urbanisme, rapidement conduits à terme : plan d’occupation des sols, plan de sauvegarde et de mise en valeur, plan vert, plan de référence, plan de déplacement, etc.
En 1977, Dijon emporte le titre envié de première ville écologique. Cette nouvelle politique urbaine manifeste un véritable acte de foi sur l’avenir des centres anciens. Elle se concrétise par la mise en place de programmes importants : constitution d’une ceinture verte,
Création de grands parcs périurbains,
Réhabilitation et mise en valeur du centre ville, restructuration des quartiers existants, aménagements de quartiers nouveaux qui intègrent des notions « d’échelle humaine » (Petit Cîteaux, Port du Canal, Hauts de Montchapet, Mansart…) mais aussi création de nouveau espaces d’activités.
Tout à la fois, la ville s’étend, se transforme, s’aménage, se requalifie pour tenter de trouver un équilibre et une dynamique. C’est le retour vers un urbanisme plus humain. Les responsables de la cité ont compris que l’expansion d’une ville ne repose pas seulement sure sa croissance géographique, mais aussi et surtout sur sa recomposition permanente. D’où aujourd’hui encore la poursuite de la valorisation du centre ville, la rénovation des quartiers et faubourgs existants, la construction des quartiers de Pouilly Toison d’Or, du quartier Junot en lieu et place de l'ancienne caserne du même nom, le renouvellement urbain des quartiers de la Fontaine d'Ouche, des Grésilles, l'implantation de nouveaux équipements,...