L'aqueduc
Ahuy doit son nom à un aqueduc romain qui existe encore aujourd’hui de façon fragmentaire. Il part des combes et descend vers la ruelle "Au Beau", où il alimente un premier puits. Il poursuit son chemin sous l’impasse du Caron, à quatre mètres de profondeur, pour approvisionner un second puits. Traversant l’impasse, il apparaît dans un souterrain où l’on peut puiser de l’eau pure qui ne tarit jamais. Plus loin, il alimente un vivier, après avoir traversé l’ancienne piscine romaine et, plus bas, le puits de la ferme de l’hôpital, pour finalement rejoindre le Suzon.
L'église
L’église d’Ahuy domine le village à 300 m d’altitude ; elle est dédiée à Saint-Agnan, évêque d’Orléans. Saint Agnan organisa la résistance d’Orléans quand Attila y mit le siège ; les Huns furent repoussés le 14 juin 451. Un fragment des reliques du saint, obtenu dès le VIe siècle, est à l’origine d’un pèlerinage qui avait lieu tous les ans à cette date et au cours duquel, dit-on, se produisaient de nombreux miracles. La fête patronale maintient la tradition de ce pèlerinage, disparu à la fin du 19e siècle.
La partie la plus ancienne date du XIIème siècle. Après un incendie qui dévasta l’église en 1427, elle fut reconstruite. L’ancien clocher, détruit en 1735 par un incendie causé par la foudre, fut à nouveau rebâti. L’église possède une belle cuve baptismale, plusieurs statues dont celles de Saint-Agnan, patron de la paroisse et de Saint-Bernard, l’illustre religieux né à Fontaine-lès-Dijon. Ces deux statues, réalisées en pierre d’Asnières-les-Dijon sont l’œuvre du sculpteur dijonnais Jean Dubois (1625-1694). Elles sont classées depuis le 22 septembre 1995 à l’inventaire du Mobilier Historique. On peut admirer une Vierge à L’Enfant, du même sculpteur, classée en date du 1er mars 1910, deux Bâtons de Procession de Saint Roch et Saint Agnan situés dans les niches et également classés, une Vierge en bois polychrome, ainsi que deux peintures sur toile rapportées de Rome en 1865 par le lieutenant de vaisseau Henri Carrelet. D’importantes réfections, extérieures et intérieures, réalisées en 1995, ont rendu à l’église tout son éclat.
Le four à chaux
Le long du sentier des Combes, à quelque trois cents mètres du point de départ de la randonnée, on découvre les vestiges d’un four à chaux, abandonné depuis la fin du 19e siècle. La pierre calcaire des carrières d’Ahuy était utilisée en fonction de sa qualité. Les plus massives entraient dans la construction des murs (pierres mureuses), les plus plates étaient réservées pour la couverture des maisons (laves) et les moins bonnes amenées au four à chaux pour obtenir la chaux vive. Eclatée par l’eau que l’on versait dessus, on avait alors une poudre appelée chaux éteinte, utilisée pour le remplissage des fissures, le badigeon des étables (rôle antiseptique), les enduits et le jointoiement des pierres.
Le four d’Ahuy présente une section carrée de 5 m de côté pour une hauteur de 3 m. L’ouverture en demi cercle à la base est encore bien visible ; elle devait permettre d’introduire le bois de chauffe et d’extraire la chaux.
L'ancien prieuré
En 1130, Pierre de Vergy, dit «Chevalier Rovins» fit don à l’abbé Robert, évêque de Langres, de sa demeure seigneuriale située dans le haut du village (actuellement propriété privée).
On peut distinguer, au-dessus de la porte d’entrée principale, sous les créneaux du mur, entre les deux tourelles, l’écusson de la famille de Vergy, avec les trois roses, emblèmes de cette seigneurie (elles figurent «ornées d’or, boutonnées de gueules» dans le blason communal officiel créé en 1984).
Les abbayes avaient coutume, pour desservir les églises rurales, d’y détacher une colonie de trois ou quatre religieux dont le chef, appelé prieur, avait les fonctions de curé. C’est ainsi que les chanoines réguliers de l’abbaye Saint-Etienne de Dijon résidèrent longtemps dans ce bâtiment appelé «Prieuré». A la fin du Moyen-Age, ces petites communautés disparurent, mais les curés d’Ahuy conservèrent longtemps le titre honorifique de «Prieur».