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Dijon et Besançon ; voisines, jumelles et partenaires

 

2006, un premier dossier présentait les deux agglomérations sous le signe des synergies inter-régionales. 2008, plus qu'un objectif commun, une volonté : celle de faire route ensemble.

Dossier spécial du magazine Dijon notre ville, n° 207, novembre 2008. Voir les autres rubriques développées dans le magazine au sommaire de cette page.

Il y a déjà quelques années que Dijon et Besançon ont pris conscience de leurs intérêts communs en envisagant diverses formes de partenariats. Ce qui ne fut d’abord que très théorique prend progressivement forme et traduit une volonté politique clairement affirmée. Pourquoi et comment les deux villes travaillent-elles à se construire une perspective solidaire ? C'est ce qui est développé dans ces pages.

Besançon :

Avec 122 000 habitants, Besançon est au coeur d'une agglomération de 59 communes où vivent
176 000 doubistes soit 34 % de la population du département du Doubs.

Dijon :
La capitale régionale de Bourgogne compte 153 000 des 250 000 habitants du Grand Dijon auquel adhèrent 22 communes. Ce qui représente près de 50 % des habitants de la Côte d'Or.

Liaisons :
96 km. C'est la distance entre les deux hôtels de ville. 50 minutes en TGV, un peu plus d'une heure en voiture, les deux villes sont proches. Le prétexte à de nombreux échanges économiques, culturels et de santé.

Régions :
Avec respectivement 1,10 et 1,56 million d'habitants, la Franche-Comté et la Bourgogne réunies représentent 4,4% de la population française.

Etudiants :
Centres universitaires, à elles deux, Besançon et Dijon comptent plus de 53 000 étudiants, un atout décisif dans l'Europe des 27 et dans la compétition internationale.

Longtemps les deux villes se sont épiées avec la méfiance que l’on réserve au voisin pas si proche et pourtant menaçant, en tout cas encombrant. Tel fut d’ailleurs le lot de la plupart des cités voisines de l’hexagone, se vivant d’abord comme rivales, que ce soit Rouen et Le Havre, Bordeaux et Toulouse, Lille et Roubaix, Nice et Marseille, Nancy et Metz, etc. De ce point de vue, Dijon et Besançon n’ont donc pas fait vraiment exception.
Dijon avec son palais des Ducs, Besançon avec son site fortifié par Vauban, qui lui valent de figurer aujourd’hui au patrimoine mondial de l’UNESCO. Dijon capitale de la Bourgogne, Besançon de la Franche-Comté. Chacune chez soi, à une petite centaine de kilomètres de distance, ce qui fut longtemps considéré comme un éloignement respectable.

Entre deux gares.
À notre époque, cette notion de distance a cependant considérablement évolué. À l’ère de l’autoroute et, surtout, du TGV, ce qui sépare Dijon de Besançon c’est une cinquantaine de minutes, le temps de relier les deux gares, ce qui explique que les deux cités se retrouvent soudain si proches, si accessibles, si naturellement complices.
Car le temps n’est plus où les villes édifiaient de hautes murailles pour se protéger des assaillants jaloux de leur prospérité. Le repliement sur soi n’est plus le meilleur garant de la tranquillité et de la sérénité, bien au contraire. Les villes modernes, aussi attachées soient-elles à leurs traditions et à leur patrimoine – et c’est bien le cas de Dijon comme de Besançon – ne peuvent ignorer que leur avenir s’inscrit dans une compétition territoriale qui se déroule à l’échelle du continent et même de la planète. Notre époque moderne vit à l’heure de la mobilité et même, dans une certaine mesure, avec les nouvelles technologies de communication, de la virtualité.

Séduire et innover.
Les villes ne peuvent donc pas se reposer sur leurs acquis. Elles doivent sans cesse séduire, innover et, par conséquent, investir, pour attirer à elles les activités économiques. Ce qui les conduit inéluctablement à unir leurs efforts et leurs moyens. Ce qui conforte l’attractivité urbaine c’est bien la
capacité des villes à conjuguer leurs richesses naturelles et culturelles, leurs ambitions et leurs talents, au service d’une dynamique métropolitaine qui profite à toutes les composantes de chaque ensemble ainsi constitué.
C’est sur cette logique déterministe que le projet de métropole Rhin-Rhône a vu le jour, présidé par Jean-Louis Fousseret, le maire de Besançon et président du Grand Besançon. Un dessein politique avant d’être un dessin d’aménageur. Ou comment faire travailler conjointement une chaîne de villes, que les circonstances ont fait se côtoyer sur un espace dont on s’avise assez tardivement qu’il est idéalement situé, sur une sorte de carrefour stratégique, au cœur de la vieille Europe. L’Eurodistrict Trinational de Bâle, le Réseau Urbain de Neuchâtel, Mulhouse, Belfort, Montbéliard, Besançon, Dijon, Chalon (et leurs agglomérations et/ou régions) ainsi que la Communauté urbaine Creusot-Montceau : neuf territoires, avec leurs caractères, leurs histoires et leurs entités institutionnelles, et maintenant la volonté de tracer une route commune à l‘échelle des enjeux du XXIe siècle.

Programme opérationnel.
Le travail politique et technique commun tel qu’il est ainsi envisagé est évidemment de longue haleine. D’autant qu’il brasse large. Un programme opérationnel fixe ainsi les grands thèmes de la réflexion engagée : mobilité et accessibilité, économie de la connaissance, enseignement supérieur et recherche, valorisation du patrimoine culturel et naturel, développement touristique, santé, coopération transfontalière, développement durable et politiques publiques innovantes, etc. Tout cela porté par une idée aussi simple que de bon sens : apprenons à faire ensemble, donc avec plus de force, ce que nous accomplissons chacun de notre côté.
Un beau défi, assurément. Or, quel meilleur moyen d’assurer la réussite des grands ensembles que de renforcer la cohérence des sous-ensembles qui le composent ? Voilà pourquoi, la main que se tendent aujourd’hui Dijon et Besançon, peut avoir un effet qui dépasse le cadre de leurs intérêts respectifs directs.

Expériences à partager.
Ces deux villes, en faisant route ensemble, montrent l’exemple et fortifient la colonne vertébrale de la future métropole Rhin-Rhône qu’elles constituent déjà.
Besançon et ses 122 000 habitants, pilier d’une agglomération forte de 58 communes pour 176 000 habitants. Une cité dont l’activité s’est sensiblement tertiarisée au cours des dernières décennies, même si elle maintient un tissu assez dense de PME/PMI, notamment dans des secteurs où le savoir-faire local est renommé, comme la micromécanique de précision, héritière directe des prestigieuses industries horlogères.
Dijon et son agglomération forte de plus de 250 000 habitants, parmi lesquels 30 000 étudiants, dont le dynamisme et la créativité sont assez bien illustrés par le succès de ses parcs d’activités ou encore du pôle de compétitivité, Vitagora. Et pour chacune des deux villes, une université, un CHU, des équipements culturels
de haut niveau, des projets d’infrastructures en particulier en transports en commun, etc.
Autant de services, de compétences et d’expériences à partager, autant d‘occasions d’instaurer des démarches communes et des synergies. C’est encore plus évident pour des projets structurants telle l’organisation d’une desserte aérienne cohérente. Et plus encore, s’agissant de la future ligne à grande vitesse Rhin-Rhône, qui doit placer Dijon et Besançon sur un axe majeur reliant Francfort et Strasbourg à Lyon, avec comme conséquence de corriger l’éternel tropisme français faisant de Paris l’incontournable point cardinal.
Face à de tels enjeux, on comprend que les responsables de Besançon et de Dijon prennent progressivement l’habitude de réfléchir et de travailler de concert. Ce qu’il faut maintenant, c’est convaincre les habitants qu’ils ont effectivement une perspective commune.