Loi LRU, « opération Campus », ouverture d'un CFA du Supérieur, réaménagement du site dijonnais : les projets d'envergure nationale et locale ne manquent pas. Revue de détail avec la présidente de l’Université de Bourgogne, Sophie Béjean.
« Intense et passionnante », c'est ainsi que la présidente de l'Université de Bourgogne qualifie l'année qui vient de s'écouler. Une année au cours de laquelle on ne l’a pas ménagée : la mise en place du nouveau conseil d’administration, incluant des représentants du monde économique, s’est faite dans la douleur. Mais finalement Sophie Béjean s’est vu renouveler la confiance des élus universitaires, un an après son élection à la présidence de l'uB, le 2 mai 2007. La recette de son succès ? L'écoute. « La loi LRU (relative aux libertés et responsabilités des universités qui impose notamment une nouvelle gouvernance, ndlr) a suscité une forte inquiétude chez les étudiants, les enseignants-chercheurs et les personnels administratifs. Il a fallu prendre le temps de dialoguer. »
Mais la tempête n’a entamé ni sa sérénité ni sa volonté. D’une voix calme, Sophie Béjean dresse le bilan d’une année dense : la mise en place de la plateforme d’insertion professionnelle ; la création de l'uB filiale, une filiale de valorisation de la recherche ; l’intégration de l’IUFM ; la création, à la rentrée, du Centre de Formation des Apprentis de l’enseignement supérieur ; la fusion prochaine de l’Enesad et de l’Ensbana, les deux écoles d’ingénieurs agronomes. Et puis la suite du rapprochement avec l’Université de Franche-Comté dans le cadre du Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (Pres). Sans oublier la mise en place du plan « Réussite en licence », qui a valu à l’uB une dotation supplémentaire de l’État de 460.000 euros en faveur des étudiants de première année. Ou encore l’appel à projets « plan Campus », au terme duquel l’uB a décroché une mention spéciale « campus innovant », et la garantie de bénéficier du soutien de l’État pour ses projets de développement en relation étroite avec les collectivités locales (voir encadré).
« L'Université ne doit pas être une bulle coupée du monde économique »
Son énergie, elle la puise dans sa conviction intime que l’université est un ascenseur social. Docteur en analyse politique et économique, elle a « fait » toute sa carrière à l’uB, où elle a notamment créé le premier DESS en économie. Parce qu’elle en a assez d’entendre dire que l'université est une bulle coupée du monde, madame la présidente bataille de longue date pour l’ouverture sur le monde économique. Avant d’accéder à la présidence, elle monte un partenariat avec la Chambre régionale de métiers, car « l’artisanat est demandeur de profils nouveaux pour diriger ses entreprises ». Le CFA de l’enseignement supérieur, qui ouvrira en septembre et qui a été approuvé à l’unanimité en conseil d’administration, est, lui, le fruit d’un partenariat avec la Chambre régionale de commerce et d’industrie. Quant à uB filiale, elle incarne cette volonté de mettre la recherche universitaire au service du développement des entreprises.
Le « grand campus » qu’elle appelle de ses vœux relève de la même philosophie. «Il doit être un quartier à part entière. » Surtout pas une excroissance isolée sur les hauteurs de la ville. Elle attend donc beaucoup des projets conduits avec le Grand Dijon : l’Esplanade Érasme, piétonne et verdoyante, constituera la colonne vertébrale du site ; quant au transport en commun en site propre (TCSP), il desservira le cœur de ce campus qui ressemble trop, aujourd’hui, à un immense parking. Sophie Béjean a encore quatre années devant elle pour faire pleinement entrer l’uB dans le XXIe siècle.