François Rebsamen Maire de Dijon et Président du Grand Dijon « Nous avons les outils pour envisager l’avenir »
COMMENT CONVAINCRE ENTREPRENEURS ET INVESTISSEURS QUE « DIJON C’EST BIEN », MAIS QUE SURTOUT, C’EST MIEUX QU’AILLEURS ? Nous leur expliquons d’abord que nous suivons une stratégie de développement destinée à valoriser les atouts naturels de Dijon, liés à sa situation géographique notamment. Une stratégie guidée par la conviction qu’il y a place, entre Paris, Lyon et Strasbourg, pour une métropole à dimension humaine, une agglomération qui se développe en s’appuyant sur un tissu industriel et de grandes institutions de formation et de recherche. Nous ne doutons pas que Dijon sera une métropole européenne dans les vingt prochaines années qui aura su préserver sa qualité de vie.
DIJON OFFRE UNE SITUATION GÉOGRAPHIQUE ENVIABLE, PEUT-ON ENCORE AMÉLIORER CETTE ACCESSIBILITÉ AUX ENTREPRENEURS ? Si, demain, nous doublons notre liaison TGV avec Roissy et si, en 2011, l’aéroport de Mulhouse-Bâle est à moins d’une heure de Dijon, nous aurons raccourci notablement les temps de parcours.
L’IMPLANTATION D’IKEA A ÉTÉ UNE BELLE RÉUSSITE, DANS LAQUELLE VOUS VOUS ÊTES IMPLIQUÉ PERSONNELLEMENT. Il fallait un exemple, un symbole. Ikea a montré que Dijon est une agglomération attractive, qu’elle était en capacité d’attirer une implantation majeure. Pour autant, nous n’oublions pas que notre développement se fera prioritairement autour de nos pôles de compétitivité et d’excellence (la pharmacie, l’agroalimentaire, l’équipement automobile…), dans lesquels sont fortement impliquées les entreprises de l’agglomération dont quelques unes nous offrent leur témoignage dans le présent document. Conscients qu’il y a encore des ouvriers en France, qu’on peut encore produire dans ce pays, nous allons conforter ces pôles appuyés sur un solide tissu de PME, de centres de recherche et d’écoles. Nous allons prouver maintenant que nous sommes capables, dans des niches pointues, d’être les meilleurs. Par exemple en matière de recherche sur le cancer, avec, notamment, l’arrivée prochaine d’un cyclotron : cet outil confortera Dijon comme une des villes phares du Grand Est dans ce domaine.
COMMENT PASSE LE DISCOURS CONSISTANT À DIRE : « OUI AU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE », MAIS DANS LE RESPECT DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL, HUMAIN ET ENVIRONNEMENTAL ? De mieux en mieux. Chacun est désormais convaincu qu’il faut préserver cette chance que possède Dijon, qui concilie environnement, main-d’oeuvre de qualité et potentialités de développement. Sachons apprécier notre chance : l’industrie du XIXe siècle n’a pas détérioré notre cadre de vie, nous offrons une terre véritablement propice à l’économie de demain.
L’EMPLOI, PRÉCISÉMENT, RESTE SELON VOUS L’OBJECTIF DE TOUTE BONNE POLITIQUE DE DÉVELOPPEMENT ? Nous y travaillons à notre échelle, avec nos compétences et nos outils. Mais la politique de l’emploi et de la formation relève plutôt du gouvernement. Néanmoins, au moment où le « Contrat Première Embauche » se met en place et où les partenaires sociaux s’interrogent sur les effets de cette mesure sur la cohésion sociale, nos agglomérations doivent plus que jamais se mobiliser sur cette question essentielle.
LE GRAND DIJON OUVRE DES DIZAINES D’HECTARES À L’ACCUEIL DES ENTREPRISES. MAIS BEAUCOUP DE CHEFS D’ENTREPRISES TROUVENT QUE CELA NE VA PAS ASSEZ VITE. QUE LEUR RÉPONDEZ-VOUS ? Je trouve également que c’est long ! Je suis conscient que le rythme de l’économie est plus rapide que celui de l’administration. Pour autant, nos services font preuve d’une vraie réactivité et nos élus de disponibilité et d’écoute, comme ils ont pu le montrer sur plusieurs dossiers ces derniers mois.
LE GRAND DIJON A MIS EN PLACE UNE PALETTE D’OUTILS EN FAVEUR DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE (AGENCE DE DÉVELOPPEMENT DIJON DÉVELOPPEMENT, ETABLISSEMENT PUBLIC FONCIER LOCAL, SOCIÉTÉ DE PORTAGE IMMOBILIER SAPGD, SCHÉMA DE COHÉRENCE TERRITORIALE…). PEUT-ON ENCORE LA RENFORCER ? Nous pouvons encore progresser sur quelques points : la liaison entre le monde économique et celui de l’enseignement supérieur et de la recherche - il faut pour cela aider les uns et les autres à surmonter les freins historiques -, la veille économique - mais c’est très difficile car les centres de décision sont éloignés et parfois même diffus - et les relations avec les organisations syndicales. Pour le reste, nous avons des outils pour maîtriser l’avenir, et des services pour gérer le présent.
|