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 > Josiane Beaud, chef de gares <Yann Rivoal
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Josiane Beaud, chef de gares

La directrice régionale de la SNCF a bouclé le projet de réaménagement de la cour de la gare de Dijon.

Dans sa famille, savoyarde, on était forgeron depuis quatre générations. C’est finalement d’une tout autre manière que Josiane Beaud va battre le fer… La directrice régionale de la SNCF à Dijon - qui a bouclé  le projet de réaménagement de la cour de la gare avant de quitter son poste, en mai 2007, pour la direction générale de la RTM (Régie des Transports de Marseille, -  reconnaît bien volontiers qu’elle n’avait jamais envisagé de travailler pour le train avant de se voir proposer, en 1992, un poste de chargée de mission auprès du directeur régional de Lyon. Josiane Beaud cerne rapidement « les problèmes d’adaptation dus à la nécessaire évolution de l’outil ferroviaire, notamment au travers d’une réorganisation de la production et de la commercialisation ». Quand, le 1er janvier 2004, elle est nommée à Dijon, elle a déjà acquis une solide expérience au sein de cette grande maison qu’elle a appris à aimer : précédemment, elle était directrice régionale en Auvergne – elle fut, à Clermont-Ferrand, la première femme à occuper un tel poste –, après avoir assuré pendant quatre ans (entre 1994 et 1997) la direction déléguée des trains express régionaux (TER) de Rhône-Alpes.

Que Josiane Beaud se sente à l’aise parmi les cheminots n’a finalement rien d’étonnant. « Je suis passionnée par les questions d’aménagement du territoire.» Macho, l’univers SNCF ? « C’est une entreprise technicienne et masculine, c’est vrai, mais pas macho. Les cheminots sont des gens accueillants, qui ne rejettent pas les nouveaux venus du moment qu’ils veulent apporter quelque chose à l’entreprise. » Josiane Beaud se prend au jeu, alors que son parcours professionnel ne l’avait en effet pas prédestinée à piloter une région ferroviaire : après une formation juridique, elle enchaîne des postes dans l’administration préfectorale en Savoie puis bifurque vers le monde juridique en devenant conseiller au tribunal administratif de Strasbourg avant, plus tard, de prendre la direction générale des services du Grand Lyon. Le fil rouge de cet itinéraire éclectique ? « La notion de service public, à laquelle je suis foncièrement attachée. Mais pas le service public de grand papa. Un service public qui se conjugue avec performance, qui ne soit pas un gouffre financier mais la garantie de la cohésion sociale et de l’intérêt général. » La vie de directrice régionale n’est pas de tout repos, cela dit : lors d’un comité d’entreprise mouvementé, un cheminot de Sud Rail actionne une trompette de service tout près de ses oreilles… Une agression dont elle garde des séquelles et qui vaudra une condamnation en justice à son auteur. Certains syndicalistes la décrivent comme « autoritaire ». Et Josiane Beaud doit essuyer les critiques autour de la fermeture du terminal rail-route de Perrigny qu’exploitait la Compagnie nationale des conteneurs, filiale de la SNCF.

Mais les deux années qu’elle vient de passer à Dijon ont surtout été l’occasion pour cette sportive, adepte de course à pied, de marche et de ski de fond, de faire avancer des dossiers importants. Ses équipes planchent encore sur l’arrivée du TGV Rhin-Rhône, dont la première branche (Dijon-Mulhouse) doit entrer en service en 2011. Elle obtient, avec le soutien fort de François Rebsamen, l’implantation, à Dijon, du Centre de logistique industrielle de la SNCF, qui se traduit par la création de 100 emplois. Elle inaugure l’atelier de maintenance des TER de Perrigny-lès-Dijon. Avec la Région, le courant passe bien : tandis que la nouvelle convention de régionalisation des TER est votée au printemps 2007, la directrice met en œuvre les ambitions affichées par le président François Patriat, et qui se traduisent, dans les faits, par une augmentation significative du trafic et de la fréquentation et par le renforcement de la politique d’acquisition des nouveaux matériels (120 millions d’euros d’investissement). Enfin, elle accomplit un tour de force : réunir toutes les collectivités locales autour d’un projet majeur, celui de la future « plateforme d’échanges multimodale » de la gare de Dijon-Ville.

Des dossiers, il en reste, forcément, sur le bureau de Josiane Beaud après son départ. Celui de la création d’un deuxième aller-retour TGV quotidien entre Dijon et Roissy, réclamé avec insistance par les acteurs économiques. Celui de la gare TGV de Porte-Neuve, qui doit être construite à l’horizon 2020. Celui de la création des haltes ferroviaires dans l’agglomération dijonnaise (à la Toison d’Or, à Longvic…), proposée par le Grand Dijon. Celui encore du redémarrage du terminal rail-route, pourquoi pas comme tête de pont vers l’Italie du transport combiné Modahlor (procédé qui consiste à embarquer les camions sur des wagons). « Je crois que l’avenir de Dijon, ville historiquement liée au chemin de fer, passera notamment par le train. Je suis convaincue notamment que le TGV Rhin-Rhône va imposer Dijon comme un carrefour ferroviaire de dimension européenne. »

Suite au départ de Josiane Beaud, en mai 2007,  la Direction régionale de la SNCF en Bourgogne est assurée par Bernard Thiery.

Dates clés

1948. Naissance, le 5 septembre.
1975. Rédactrice, nommée à la préfecture de Chambéry.
1988. Conseiller-rapporteur au tribunal administratif de Strasbourg.
1992. Premiers pas à la SNCF, comme chargée de mission auprès du directeur régional Rhône-Alpes.
1994. Directrice déléguée du TER Rhône-Alpes.
1997. Directrice générale des services de la Communauté urbaine de Lyon.
2000. Directrice régionale de la SNCF en Auvergne.
2004. Directrice régionale de la SNCF en Bourgogne
2006. Boucle le projet de « plateforme d’échanges multimodale » de la gare de Dijon-Ville
2007. Départ de Josiane Beaud pour la Direction générale de la RTM (Marseille)