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lun. 6 septembre 2010
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Jean-François Périnet-Marquet et Jean-Pierre Chasset

Interview... Jean-François Périnet-Marquet
Architecte au Cabinet JAPAC,
lauréat du concours Piscine olympique du Grand Dijon

Le Grand Dijon : Quelles sont les idées fortes dans le projet du centre nautique du Grand Dijon ?
Jean-François Périnet-Marquet : Notre expérience – plus de 100 piscines, jusqu’en Chine, mettant en oeuvre des techniques de plus en plus sophistiquées -  nous permet de jouer avec les volumes et les espaces. Nous sommes sur une des entrées importantes du Grand Dijon, à la croisée d’axes majeurs de communication, sur un quartier en pleine expansion, qui comporte des bâtiments de grand volume : sur la zone d’activité, sur le campus universitaire… Il nous fallait un signal fort, un bâtiment visible, qui s’impose par son envergure, mais en sachant rester compact pour minimiser les coûts de fonctionnement. Un véritable défi que nous avons relevé avec Jean-Pierre Chasset, mon associé, épaulés chez Japac par 40 collaborateurs.
Le site est particulier aussi dans la diversité de ses paysages : à la fois noeud de communication multimodale, zone en pleine urbanisation, et ouvert au Nord sur une campagne aux reliefs doux. Nous avons joué là-dessus pour orienter le complexe : le hall olympique vers le Nord pour que les baigneurs profitent de l’environnement naturel ; l’entrée vers le sud bien visible et accessible depuis les voies de communication.

LGD : L'orientation du bassin vers le Nord est-elle un choix délibéré ?
J-F. P-M. : C’est un véritable pari, peu courant. L’habitude est plutôt d’orienter les bassins vers le sud pour profiter du soleil. Mais notre choix a de nombreux avantages. Le paysage, comme je l’ai dit, mais aussi le confort. Nous n’avons pas de lumière directe du soleil, donc pas de surchauffe en été, une température sous contrôle, pas de reflet sur l’eau pour gêner les nageurs et les maîtres nageurs, et une belle lumière uniforme sans éblouissement. Par contre, les deux bassins annexes ouvrent au Sud-Ouest sur les plages et jardins ensoleillés.

LGD : Autre point fort, le sport… On y verra des records ?
J-F. P-M. : Le bassin sera très rapide, sans doute le plus rapide de France, et l’ambiance promet d’être belle. Nous avons conçu le Hall olympique comme une véritable arène, avec une coursive en arc de cercle au premier étage, là où entrent les spectateurs. Les gradins encerclent toute la première moitié du bassin, surplombant l’aire d’arrivée et de départ. Sur l’autre moitié, des grandes plages peuvent accueillir des gradins amovibles en cas de forte affluence.
Côté chrono, plusieurs éléments en feront un bassin taillé pour la performance. Le traitement à l’ozone par exemple : avec moins de chlore, l’eau aura une meilleure portance. Le bassin en inox : de dimensions plus précises qu’avec les autres matériaux, on peut se situer sur la fourchette basse des normes. Ca se joue à quelques millimètres, mais ça suffit pour faire tomber un record… Et je ne parle pas des goulottes de récupération, qui absorbent les vagues au bord du bassin et évitent qu’elles ne retournent perturber la surface de l’eau.

LGD : Sport mais aussi confort ?
J-F. P-M. : Tout à fait. On se sentira bien dans cette piscine. Confort olfactif d’abord. Grâce au traitement à l’ozone, on réduit considérablement l’apport de chlore. Finie cette odeur si particulière dans toutes les piscines, finie l’eau qui donne les yeux rouges… Confort acoustique : la façade Nord en verre est inclinée, les ondes sonores ne sont donc pas renvoyées mais orientées vers le plafond où elles sont absorbées. Fini donc aussi ce brouhaha particulier des piscines où chaque son parait amplifié. Confort visuel également, avec la gestion de la lumière grâce à l’orientation Nord, la vue sur un paysage naturel… La baie vitrée de 10 m de hauteur côté Nord sera plus opaque en haut qu’en bas, là encore pour gérer au mieux la lumière naturelle entrante. Le choix des matériaux participe aussi à l’atmosphère chaleureuse du lieu, avec du matériau bois, une charpente en lamellé-collé… Enfin le confort du corps : les usagers se promènent en maillot de bain, et doivent toujours garder une sensation de bien être ; il faut contrôler de manière précise l’hygrométrie et la température. L’effort a été porté sur l’isolation du bâtiment, qui sera recouvert d’un vrai manteau extérieur, et sur la ventilation du hall olympique. On n’aura par exemple pas de buée sur les vitres, signe d’humidité excessive.
Le centre nautique répond vraiment au critère des piscines nouvelle génération, comme on en n’avait encore jamais vu dans le Grand Dijon.