En étudiant de près leurs CV, on trouverait bien des points communs à Jean-Louis Paquet et à Francis Pennequin. Tous deux dirigent des PME régionales basées dans l’agglomération dijonnaise, tous deux ont pris les rênes d’une entreprise familiale, et leurs domaines d’activité sont « connexes » – le bâtiment pour Paquet, les travaux publics pour Pennequin. Tous deux portent des responsabilités importantes puisqu’ils président chacun leur fédération professionnelle : la fédération régionale des travaux publics (FRTP) pour Francis Pennequin depuis 2009, la fédération départementale du bâtiment (FFB) pour Jean-Louis Paquet depuis 2007. Et puis les deux hommes partagent des convictions : ils militent activement par exemple en faveur de la formation des jeunes en entreprise et pour l’insertion des publics en difficulté dans leurs métiers. A quelques nuances près, on retrouve les deux présidents en accord sur le projet de tramway du Grand Dijon. Jean-Louis Paquet est de retour d’un week-end passé à Bordeaux : « Là-bas, le tramway permet de visiter la ville dans des conditions de confort optimales. La ville défile derrière les grandes baies vitrées. Le tramway circule en silence dans les rues piétonnes. C’est un moyen de transport moderne qui change l’image de la ville. »
La commande publique contre la crise Porte-parole des entreprises de travaux publics, Francis Pennequin porte évidemment un intérêt particulier à ce chantier de 400 millions d’euros qui constitue, selon lui, un « ballon d’oxygène pour les entreprises du secteur, durement touchées par la crise. C’est la première fois qu’on construit en France, d’un seul coup, un véritable réseau de tramway, puisque le projet comporte trois branches qui s’étirent sur 20 kilomètres. » Le président de la FRTP voit deux avantages à ce choix politique : l’importance du chantier va aider les entreprises de travaux publics à passer une période difficile, et la « concentration » du chantier va permettre de réduire la durée pendant laquelle seront menés les travaux, et donc la période de gêne à la population. Francis Pennequin comme Jean-Louis Paquet applaudissent le soutien que les collectivités publiques, le Grand Dijon notamment, apportent à l’économie locale : « La politique dynamique en matière de logement est une bonne chose pour nos entreprises », se réjouit ainsi le président de la FFB, « le chantier du tramway a permis de maintenir l’emploi dans le secteur des travaux publics », renchérit celui de la FRTP. Le chantier historique qui a débuté en janvier dernier et s’achèvera fin 2012 va impacter directement toutes les branches d’activités des travaux publics : démolition, terrassement, réseaux, espaces verts, béton, pierre… Pour sa part, le secteur du bâtiment bénéficiera indirectement du projet – un seul bâtiment sera construit pour le tramway, le dépôt des transports en commun – : « On peut être certain que les propriétaires des immeubles situés le long du tramway et dans les rues piétonnisées (Liberté, Godrans) vont par exemple ravaler leurs façades », explique Jean-Louis Paquet.
S’appuyer sur les PME dijonnaises Dans l’attribution des marchés pour la construction de la plateforme et l’aménagement de la voirie, le Grand Dijon a pris en compte la nécessité de confier une partie du travail à des entre - prises locales, dans un marché où les « majors » (les grands groupes que sont Vinci, Eiffage ou Bouygues) pèsent lourd et peuvent se permettre de « casser les prix ». Les trois lots ont été attribués ainsi à des groupements qui s’appuient sur des PME de l’agglomération dijonnaise, ce qui satisfait pleinement Francis Pennequin. Le Grand Dijon est signataire d’un « small business act » avec la CGPME, ce qui rassure Jean- Louis Paquet. Les acteurs économiques représentés par les deux hommes y voient une « compensation » de la hausse du versement transport votée par le Grand Dijon pour financer la construction du tramway. Tramway, écoquartiers, nouveaux équipements publics, etc. : les entreprises locales du bâtiment et des travaux publics sont fortement sollicitées depuis plusieurs années et vont l’être encore pendant les prochaines années. « Nos métiers consistent à relier les hommes, rappelle Francis Pennequin. Imaginez ce que serait une ville sans les travaux publics – sans réseaux, sans voirie. Nous sommes les acteurs de l’aménagement du territoire et du développement économique. »
|