Interview François Rebsamen, Maire de Dijon, président du Grand Dijon (septembre 2011)
Le président du Grand Dijon sait combien, en 160 ans, le train a largement contribué à développer l’activité économique de la ville et de son agglomération et que l’étoile à grande vitesse en cours de constitution renforcera encore l’accessibilité et l’attractivité de la capitale bourguignonne.
Quelles retombées attendez-vous du TGV Rhin-Rhône ? Nous attendons aujourd’hui des retombées en terme de tourisme. Cette ligne ouvre la porte de la Suisse et de l’Allemagne. Ces retombées ne sont pas chiffrables à ce jour, mais elles sont certaines car les études ont prouvé la rentabilité socio-économique de la ligne (d’où l’engagement financier des collectivités). L’ouverture de Dijon sur le Grand Est (Alsace, Suisse, Allemagne) fonctionnera dans les deux sens si nous mettons nos atouts en avant. Les acteurs économiques ont pris conscience des enjeux mais ils doivent encore se mobiliser pour que le TGV génère vraiment du développement économique et de l’emploi. Et puis il y a un enjeu fort pour nous, c’est le renforcement de nos liens avec Besançon. Le TGV va permettre de développer notre université fédérale et nos CHU… Ce sera un maillon « intercités » fondamental. A terme, j’ai proposé à Jean-Louis Fousseret, mon homologue bisontin, d’élaborer ensemble un pôle métropolitain dont il reste à imaginer la gouvernance, peut-être avec Montbéliard. Les querelles ancestrales vont s’effacer devant la logique économique : j’ai appelé les Bisontins à sortir d’une culture de l’infériorité, nous devons traiter d’égal à égal. Sûrement avant la fin de l’année, nous poserons les bases de ce projet métropolitain, à Besançon. Et cela fonctionnera car nous sommes vraiment complémentaires, pas concurrents.
Vous faites partie de ceux qui appellent de leurs vœux l’achèvement rapide de la branche Est. Pourquoi ? Nous nous sommes réunis récemment au Sénat avec les maires de Strasbourg et de Mulhouse et François Patriat. La deuxième tranche de la branche Est est techniquement prête. Notre objectif est d’éviter une rupture des travaux. Le chantier du prolongement de la ligne rapide au-delà de Petit-Croix (jusqu’à Lutterbach) et entre Villers-les-Pots et Genlis pourrait s’engager dès la fin 2012 si les financements sont réunis. L’Etat étant en-deçà de la main, les collectivités sont prêtes à cofinancer. C’est le cas du Grand Dijon, du conseil régional de Bourgogne et du conseil général de Côte-d’Or, mais aussi du Haut-Rhin et du Bas-Rhin et de la région Franche-Comté. Pour que l’effet TGV joue pleinement, il faut une branche Est complète, de Lutterbach à Genlis. Ce qui permettrait de gagner encore 30 minutes entre Strasbourg et Lyon. Les collectivités sont prêtes à s’engager et vont demander solennellement au gouvernement qu’un plan de financement soit mis en place, éventuellement phasé.
Et pendant ce temps, que deviennent les deux autres branches du projet ? Le problème de la branche sud, c’est qu’elle n’est pas rentable. RFF présente un projet qui s’apparente plus à un omnibus qu’à un TGV, pour un coût de trois milliards d’euros. J’affirme que les collectivités ne financeront pas cette branche qui aurait pour but d’éviter Dijon. Nous plaidons a contrario pour la mise aux normes de Dijon-Lyon à 220 km/h avec le transfert du fret ferroviaire sur la ligne du Remiremont. Quant à la branche ouest, avec son souterrain et la nouvelle gare TGV Dijon Porte Neuve, elle n’est pas abandonnée mais elle n’est plus à l’ordre du jour.
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