Si les LIANES ont été une première étape vers un réseau de transport en commun performant, les transports publics de l’agglomération ont aujourd’hui atteint le maximum de leur capacité de développement. Il faut passer un nouveau cap dans l’offre, pour gagner des parts de marché sur la voiture.
Conscients de l’absence de progression de la fréquentation du réseau Divia au début des années 2000, le Grand Dijon et son exploitant ont pris un ensemble de mesures destinées à favoriser l’usage des transports collectifs. Un réseau structuré de LIgnes A Niveau Elevé de Service (LIANES) a ainsi été mis en place en octobre 2004.
Cela s’est traduit par une offre de service très élevée sur ces lignes, avec des fréquences allant jusqu’à un bus toutes les 3 minutes sur les LIANES les plus fortes, une utilisation accrue de véhicules articulés sur ces lignes (jusqu’à 130 passagers) et enfin la mise en place de nombreux aménagements afin de favoriser la circulation des bus. Parmi ces aménagements, les nombreuses réalisations de couloirs de bus dès 2002 ont permis d’arriver à un total de 25 km de voies réservées aux transports en commun. Ces mesures ont permis de juguler la tendance baissière de la fréquentation, et ce sans augmenter le niveau d’offre global du réseau.
Malgré la mise en place de véhicules articulés et l’application de fréquences élevées, certaines lignes ne répondent pourtant pas correctement à la demande. L’une des manifestations de ces difficultés est le nombre croissant de réclamations adressées par les voyageurs à l’exploitant pour des problèmes de charge et de régularité.
C’est le cas de la LIANE 1 entre le centre-ville de Dijon et Quetigny/Chevigny, dont la clientèle continue à se développer avec pour conséquence une dégradation du confort du voyage, qui risque de rebuter une clientèle nouvelle ou potentielle.
C’est aussi le cas de la LIANE 2, dont la fréquentation est passée de 6 700 à 15 000 voyages/jour entre Toison d’Or et Grangier depuis la réorganisation du réseau en 2004. Sur la LIANE 5, au départ du campus universitaire, il faut augmenter la fréquence de passage des bus entre 16h30 et 18h30 pour absorber la demande des étudiants qui souhaitent aller au centre-ville ou à la gare. Il faut également multiplier le nombre de bus le matin, entre 7h et 9h, pour permettre aux étudiants de rejoindre l’université depuis le centre-ville dans des conditions acceptables de confort.
Les aménagements existants sur le réseau des LIANES ne sont donc pas suffisants pour pallier les pertes de vitesse commerciale dues à la densité de la circulation automobile (notamment aux carrefours) et aux rallongements des temps d’arrêts pour l’embarquement et le débarquement des voyageurs.
Par ailleurs, les bus sont aussi considérés comme trop présents dans le centre historique. Avec un passage toutes les 90 secondes aux heures de pointe sur les axes empruntés par les bus dans le centre-ville historique, les nuisances sonores et visuelles sont perceptibles par tous. Les difficultés de régulation de ces circulations entraînent également irrégularités, pertes de temps, attentes inconfortables et accroissements des coûts d’exploitation. Ces difficultés augmenteront encore si l’on ajoute des véhicules sur les lignes saturées ou en développement, avec pour conséquence directe la dégradation de la qualité de service.